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Le guidage en course à pied et en trail

Les guides bénévoles, accompagnent une personne malvoyante ou non-voyante en course à pied, trail ou même en marchant à ses côtés, en lui fournissant des indications verbales et/ou en tenant une cordelette. Le guidage consiste à accompagner une personne déficiente visuelle lors d’un déplacement, en course ou en marche en assurant sa sécurité ainsi que son orientation grâce à des indications verbales et, si nécessaire, à l’utilisation d’une cordelette ou longe.

Le bon accord

Il n’y a pas de conditions particulières, si ce n’est l’envie de passer un agréable moment à deux et de partager une activité sportive.

Cependant,

dans le cadre d’un engagement en compétition, il est recommandé que le guide ait un niveau légèrement supérieur à celui de la personne guidée, afin de garantir plus facilement sa sécurité.


Être visible

Voir et être vu est avant tout une question essentielle de sécurité dans la course à pied en binôme.

Lorsque deux coureurs avancent ensemble, guide et déficient visuel, la vigilance ne repose pas uniquement sur leurs sensations, mais aussi sur la manière dont ils sont perçus par leur environnement.

Les chasubles marquées "GUIDE" et "DÉFICIENT VISUEL" jouent alors un rôle fondamental :

elles signalent immédiatement aux usagers que l'on croise : coureurs, cyclistes, automobilistes, la présence d’un binôme nécessitant une attention particulière.

Être vu permet d’anticiper les réactions des autres et de réduire les risques de collision ou de surprise. Ces marquages clairs et très lisible invitent à ralentir, à s’écarter, à adapter son comportement. Ils deviennent une forme de communication silencieuse mais efficace, qui sécurise l’espace de déplacement. Ainsi, ces chasubles ne sont pas de simples signes distinctifs : elles sont des outils de prévention indispensables. Elles rappellent que, dans la course partagée, la sécurité est une responsabilité collective, rendue possible par une meilleure visibilité de chacun.

Si le binôme croise un autre coureur ou un cycliste et qu’un doute subsiste quant au fait d’avoir été remarqué, le guide peut signaler clairement sa présence par un geste explicite.

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La bienveillance

C'est un prérequis pour former un binôme.

Pour parfaire le partage le guide pourra proposer au déficient visuel d'aller à sa rencontre et aussi de le raccompagner à l'issu de la séance.


La vigilance

La confiance est un élément essentiel pour garantir le bon déroulement d’une séance de sport partagé.

En effet, la personne déficiente visuelle, privée de sa canne durant l’activité, s’en remet à son guide pour prévenir les risques de chocs ou de chutes liés aux obstacles rencontrés sur le parcours.


Le contrôle avant départ

Chacun est responsable de ses affaires et du bon fonctionnement de son équipement.

Le guide pourra cependant faire un petit contrôle visuel avant le départ et aussi pendant le déplacement pour s'assurer de la bonne tenue et du bon état de l'équipement du sportif déficient visuel (lacet défait, poche ouverte…)


Le plan de sortie

Avant une première sortie commune, il est essentiel que le déficient visuel et son guide échangent sur leurs attentes et leurs limites respectives. Cette discussion préalable permet d’établir un cadre clair et sécurisant.

Il est notamment recommandé d’aborder les points suivants :

  • Quels sont les objectifs du déficient visuel et ses attentes vis-à-vis du guidage ?
  • S’agit-il d’une préparation à une course ou d’une pratique de maintien en forme ?
  • Quelle allure, quelle distance et quelle fréquence de pratique sont envisées ?
  • Le DV peut-il préciser la nature de sa déficience visuelle et ses conséquences sur ses déplacements ?
  • Quels types d’assistance et de guidage lui conviennent le mieux ?

Pour une première expérience, une phase d’ajustement peut être nécessaire afin d’identifier la méthode la plus adaptée et la plus sécurisante.

Poser des questions, respecter les limites de chacun, faire preuve d’écoute et s’adapter aux besoins exprimés constituent les bases d’une collaboration efficace et sereine.


Les différentes méthodes de guidage

Un coureur ou marcheur déficient visuel ne voit pas. Il se fie donc à son guide pour comprendre les obstacles, le terrain et l’environnement qui l’entoure.

Il existe diverses méthodes de guidage, et c’est à l’athlète déficient visuel de choisir celle qui lui offre le meilleur confort et la plus grande sécurité. Les guides peuvent aussi partager leurs observations ainsi que les difficultés qu’ils rencontrent.

Communication verbale

  • Indications claires, concises et précises
  • Indications VS danger
  • Clé de toutes les méthodes : annoncer les obstacles, virages, changements de rythme.

Guidage sans cordelette ou longe

  • D’avant en arrière : l’athlète suit le guide par sa vision limitée.
  • Côte à côte : possibilité de toucher légèrement le bras ou l’épaule pour se guider, mais sans tirer.

Guidage avec cordelette ou longe

  • Longe manuelle : corde ou sangle (~45 cm), boucle aux deux extrémités, utilisée pour ajuster la distance.
  • Côte à côte : le mouvement de balan du bras indique la cadence

Indications tactiles

  • L'accord préalable entre le guide et le coureur déficient visuel est essentielle.
  • Effleurements légers ou poussées douces : pour corriger la trajectoire ou signaler un danger imminent.
  • Important : ne jamais tirer le coureur déficient visuel, sauf en urgence.

Guidage main/poignet

  • Permet une réaction simultanée du binôme face à un évènement : méthode la plus courante pour courir côte à côte.
  • Ne pas diriger ou tirer, juste fournir un point de référence et de sécurité.

Guidage bras dessus/bras dessous

  • Utile pour les passages ou franchissements difficiles. Le binôme fait corps.
  • Permet de se retenir à l'autre et éviter ainsi la chute.

Guidage main/main

  • Utile lors des passages étroits (monotrace) ou le binôme ne peut plus se maintenir côte à côte.
  • Le guide se positionne devant le déficient visuel bras tendu vers l'arrière et maintient le déficient visuel qui a le bras tendu vers l'avant dans l'axe.

Le contrôle et l'anticipation

Au sol, en hauteur, autour de soi

L’anticipation en course à pied avec un déficient visuel est un élément essentiel de la sécurité, de la performance et du plaisir de la pratique.

Elle concerne principalement la capacité du guide à prévoir, annoncer et adapter les actions à venir, puisque la personne déficiente visuelle ne peut pas percevoir à temps les obstacles ou changements d’environnement.


Spécial course

Avant la course :

Se préparer ensemble est un excellent moyen d’affiner le guidage et de permettre au sportif déficient visuel de gagner en confiance avant la compétition.

Le jour J :

Anticiper à deux et prévoir davantage de temps, notamment pour déposer la canne blanche ou des affaires à la consigne.

Ne pas négliger non plus les « petits détails techniques », comme le passage aux toilettes.


Voir plus loin

Pour rendre la séance encore plus immersive, le guide peut décrire, voire faire découvrir par le toucher, les éléments visuels que le binôme rencontre au fil du parcours.

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